Joni's promise

Publié le par Cynthia 1ère L1 (atelier cinéma)

"7 personnes sur 10 se déclarent cinéphiles."

Joko Anwar nous expose avec Joni's promise un film sur le film, belle mise en abîme avec un style cinématographique un peu à l'américaine, un peu moins typique du cinéma indonésien. Il est, du moins au début, américanisé, avec ses animations "clip musical", et puis le comique prend une place importante dans le film. Dès les premières minutes, on croit que le film s'adresse en partie à un public d'adolescents, mais en réalité, il touche un peu tout le monde. Qui ne s'est jamais identifié à un film en particulier ? Qui ne s'est jamais senti transformé après le visionnage d'un film ?

Joko Anwar retrace et passe à la loupe tous les stéréotypes du cinéma poussés jusqu'à la caricature ; l'équipe du film (monteurs, assistants, réalisateurs) à la recherche de la reconnaissance et de la gloire, l'actrice surmédiatisée un peu trop nymphomane, la jeune actrice, ex-animatrice de télé-achat, qui veut réussir au cinéma.

Le réalisateur décrit aussi de façon particulièrement amusante et méthodique les différents types de spectateurs : les irréductibles jeunes amoureux, les dormeurs, les critiques dérangeants, ceux qui se goinfrent, ceux qui ne comprennent  absolument rien, ... Tout ce petit monde y est représenté et chaque spectateur pourra se reconnaître en l'un d'eux.

Bien sûr, le tout est très bien romancé, un conte moderne, avec la très très belle princesse, prisonnière du dérangeant critique malveillant et son chevalier monté sur sa fidèle moto. Après tout, qui voudrait s'identifier à un film où les héros amoureux sont incapables d'illustrer la célèbre phrase "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" ?

Le cinéma doit rester un loisir, un moyen pour s'évader, pendant quelques heures, et rien de tel que 2 heures de comédie. Même si je reste une fidèle admiratrice de comédies, je ne dis pas que le cinéma ne peut pas se permettre de basculer dans le rôle obscur de la force. Le cinéma lyrique et romantique est très agréable à regarder. Après tout, le spectateur ne prend-t-il pas plaisir à partager la douleur des personnages ? Et c'est d'ailleurs dans ce cas-là  qu'il est le plus en osmose avec le film. Enfin, c'est un conte merveilleux, pas tout à fait. Joni, qui n'était pas dans la période où les amours allaient bon train, parvient à en faire "tomber" deux. Vous connaissez la suite. On n'autorise pas les amours à trois dans les contes merveilleux.

Joni's promise est sans doute le seul film à être sorti du lot lors de ce festival. J'irai même plus loin, pourquoi ne pas le diffuser dans toute la France et pourquoi pas aussi en faire un remake...
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Publié dans Cinéma

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